
Samedi, 28 juin 2025,
Les deux pays d’Afrique centrale ont signé vendredi à Washington un accord de paix pour mettre fin au conflit qui embrase l’est de la République démocratique du Congo. A la manoeuvre, Donald Trump estime qu’il doit également déboucher sur l’obtention par les Etats-Unis de droits miniers en RDC.
Le Rwanda et la République démocratique du Congo (RDC) ont choisi la paix. Les deux pays d’Afrique centrale ont signé vendredi à Washington, sous les auspices des Etats-Unis, un accord visant à mettre fin au conflit dans l’est de la RDC qui a fait des milliers de morts.
« Aujourd’hui, la violence et la destruction prennent fin et toute la région entame un nouveau chapitre d’espoir et d’opportunités, d’harmonie, de prospérité et de paix », a déclaré Donald Trump à la Maison-Blanche, aux côtés des ministres des Affaires étrangères des deux pays. « C’est un jour merveilleux », a ajouté le président américain à propos de cet accord, qui doit également déboucher, selon lui, sur l’obtention par les Etats-Unis de droits miniers en RDC.
« Beaucoup à faire »
L’accord de paix s’inspire d’une déclaration de principes approuvée en avril entre les deux pays, et prévoit des dispositions sur « le respect de l’intégrité territoriale et l’arrêt des hostilités » dans l’est de la RDC, après l’offensive menée par le groupe armé M23, qui est soutenu militairement par le Rwanda, selon l’ONU et les Etats-Unis.
« C’est un moment important après 30 ans de guerre », a déclaré Marco Rubio, le chef de la diplomatie américaine, ajoutant cependant qu’il y avait encore « beaucoup à faire ». « La première chose à faire est de commencer à mettre en oeuvre le concept d’opérations pour la neutralisation des FDLR [Forces démocratiques de libération du Rwanda], qui s’accompagnera d’une levée des mesures défensives du Rwanda », a déclaré Olivier Nduhungirehe, le ministre rwandais des Affaires étrangères. L’accord est « fondé sur l’engagement pris ici de mettre fin de manière irréversible et vérifiable au soutien de l’Etat [congolais] aux FDLR et aux milices associées », a-t-il ajouté.
Cobalt et coltan
Riche en ressources naturelles et frontalier du Rwanda, l’est de la RDC est en proie à des violences depuis plus de 30 ans. De multiples cessez-le-feu ont été conclus et violés depuis la reprise des opérations du M23 dans cette région en 2021, et les affrontements avec les forces gouvernementales et alliées ont déplacé des centaines de milliers de personnes et provoqué une vaste crise humanitaire. Kigali nie soutenir militairement le M23, mais affirme que sa sécurité est depuis longtemps menacée par des groupes armés, notamment les FDLR, créées par d’anciens dirigeants hutus liés au génocide rwandais de 1994.
Premier producteur mondial de cobalt, la RDC détient aussi dans ses sous-sols au moins 60 % des réserves mondiales de coltan, minerai stratégique pour l’industrie électronique, ce qui intéresse vivement le président Trump. Le Qatar a également joué un rôle de médiateur dans ce dossier. Alors que Washington a mené les négociations entre les gouvernements rwandais et congolais, Doha s’est occupé des négociations entre le gouvernement congolais et le M23.
Au Conseil de sécurité des Nations unies, la cheffe de la mission de maintien de la paix de l’ONU en RDC, Bintou Keita, a estimé vendredi que « les tensions persistent mais les lignes de front et de négociation bougent, ouvrant la voie à la paix ». Le secrétaire général de l’organisation, Antonio Guterres, a lui évoqué une « étape importante vers la désescalade, la paix et la stabilité dans l’est de la République démocratique du Congo et dans la région des Grands Lacs », appelant les parties à « respecter pleinement les engagements qu’elles ont pris ». Le président français, Emmanuel Macron, a de son côté salué un « pas en avant historique après des décennies de souffrance ».
Pour l’ONG Physicians for Human Rights, qui a travaillé en RDC, l’accord comporte cependant des « omissions majeures », notamment en ce qui concerne l’obligation de rendre compte des violations des droits humains. « Il ne peut y avoir de paix durable sans justice véritable », a déclaré Sam Zarifi, directeur exécutif de l’association.
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